Corruption au Burkina Faso

22 milliards volatilisés des caisses de l’Etat

Le mardi 3 juin 2008, le président de la Haute autorité de lutte contre la Corruption a remis son rapport d’activités au Premier ministre Tertius ZONGO. Le moins que l’on puisse dire, c’est que plus de 22 milliards de FCFA ont été engloutis dans les méandres de la corruption. Et cela de 2003 à 2006.

Molobaly TRAORE, remettant le rapport 2007 de la HACLC au premier ministre

«Le défi majeur à relever aujourd’hui pour les peuples est celui du développement. Malheureusement, l’un des obstacles majeurs à ce développement se retrouve dans les effets néfastes de la corruption…» a dit Tertius ZONGO Premier ministre. En effet, que pouvait-on réaliser pour les laborieuses populations de notre pays avec ces 22 807 994 713 FCFA qui sont partis en fumée dans les méandres de la corruption et de la malversation ? Beaucoup de choses certainement : des ponts, des centres de santé, des forages, des écoles, etc. Avec ces 22 milliards et «poussières» qui sont allés dans des poches de quelques uns, très certainement que de nombreuses infrastructures pouvaient être construites à la grande satisfaction des populations. Mais comment cela se fera-t- il, si dans ce pays, des individus font passer leurs intérêts personnels au détriment de ceux des populations. Pour déceler cette dérive, l’équipe du président Malobali TRAORE a exploité les rapports de contrôle de l’Inspection Générale de l’Etat (IGE) et l’Inspection Générale des Finances (IGF) pour la période de 2003 à 2006. Les 22 milliards concernent l’examen de 15 rapports. «Dans toutes les administrations qui ont été contrôlées, il y a des sommes dissipées…», a soutenu Malobali TRAORE. Et même si ces 22 milliards dissipés ne sont pas dû à la corruption comme l’a soutenu le président «On ne peut pas dire qu’il y a corruption si le juge au regard des éléments ne décide…». C’est cas sont inquiétants pour un pays comme le nôtre où tout est prioritaire. En plus des 22milliards, le rapport Malobali fait état de 13 dossiers de malversations de moindre importance portant sur un montant de 160 267 619 francs relevés dans 49 dossiers. Face à cette situation, Tertius ZONGO a réaffirmé sa «… ferme détermination à soutenir, à renforcer et à poursuivre la lutte engagée…». Avant d’ajouter : «D’ores et déjà, je puis vous affirmer que toutes les structures et personnes révélées dans les quinze dossiers ont été interpellées. Du reste, sur la base de certains rapports d’explications déjà reçus, l’Inspection Générale d’Etat, a été instruite pour approfondissement des enquêtes de même que la justice».

La lutte va également s’intensifier à travers l’Autorité Supérieure de Contrôle de l’Etat (ASCE). Une autorité qui procède à la validation des travaux des résultats des organes de contrôle et de lutte contre la corruption et cela après une longue écoute des parties prenantes. En clair, dira Malobali TRAORE : «Cette autorité supérieure a été créée parce qu’il y a eu beaucoup de critiques sur les différentes structures de lutte …Avec la ASCE, on pourra rationaliser les moyens d’actions pour être plus efficace. Elle va absorber les compétences de la Haute autorité, de l’Inspection d’Etat. Cette autorité supérieure aura le plein pouvoir de publier ses rapports sans passer par l’autorité publique comme c’est le cas et mieux, elle pourra saisir directement la justice». Wait end see comme disent les Anglais.

Par Frédéric ILBOUDO



Article ajouté le 2008-06-12 , consulté 397 fois

Commentaires


NADIE A. le 20/06/2008 à 00:49:30
La corruption est sans doute l'énnemie numéro un du développement d'un pays. Alors si les Burkinabès dignes de ce nom veullent un avenir certain de leurs enfants, Ils faut leur soutien inconditionnel à l'action du GOUVERNEMENT.Nous pouvons la combattre sans armes.
PAT le 13/06/2008 à 14:16:49
La plubication de ce rapport met une fois de plus à nu ce qu'on savait déja à avoir la corruption galopante dans notre pays (combien de rapports dèjà fournis et quelle suite favorable a été donnée?). Mais force est de constater que nos autorités peinent à reconnaitre le phénomène et surtot à le combattre réellement. Une fois de plus nous assitons à la création d'une soit disant hauté autorité.
Il faut pour lutter contre ce fléau :
-une réelle volonté politique
-la sensibilisation des populations
- la création d'une stucture indépandante dotée de moyens conséquents (texte législatif indepandant, personnel,finances).
C'est avec ces conditions que nous pourrons arriver à bout de la corruption.
katy le 13/06/2008 à 09:29:12
decidement! la corruption est devenu un droit comme tous les autres ou quoi? elle a fini par integrer les moeurs burkinabés VIVE ALORS LA PAUVRETE!!!!!!

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